Vingt-deux minutes de souffle, trois heures de charge. Ce rapport est le premier chiffre à regarder sur le Stihl BGA 57, et c’est précisément celui qu’aucune fiche produit ne présente côte à côte.

Le souffleur d’entrée de gamme du système AK traîne sur les sites marchands depuis plusieurs saisons, souvent à prix cassé maintenant qu’un successeur existe. Reste à savoir ce qu’on achète, et surtout ce qu’on n’achète pas.

Un modèle de génération précédente, vendu en conséquence

Le BGA 57 appartient à la gamme AK, celle que Stihl destine aux particuliers et dont les batteries se partagent entre le taille-haie, la tronçonneuse d’élagage et la tondeuse. C’est là son premier argument : la batterie ne sert pas qu’au souffleur.

Stihl a depuis complété cette gamme par le dessus avec le BGA 60, annoncé à 15 N de force de soufflage et 69 m/s, pour 199 € sans batterie ni chargeur. Le constructeur revendique pour ce modèle 60 % de force supplémentaire par rapport au BGA 57 en mode boost, ce qui situe l’ancien autour de 9 N. Le BGA 57 reste largement distribué : environ 130 € nu, de 210 à 270 € selon les revendeurs en pack avec une batterie AK 20 et un chargeur AL 101.

C’est ce chargeur qu’il faut regarder avant de valider un pack. L’AL 101 est le modèle lent du catalogue Stihl, et il conditionne l’usage réel de l’appareil bien plus que les caractéristiques du souffleur lui-même.

Les données constructeur, sans habillage

Les chiffres qui circulent sur le BGA 57 varient d’un site à l’autre, certains annonçant 730 m³/h ou 57 dB. Voici ceux que recoupent les fiches revendeurs et la documentation Stihl.

Donnée Valeur
Débit d’air 620 m³/h
Vitesse d’air maximale 55 m/s, soit 198 km/h
Force de soufflage environ 9 N
Poids nu 2,3 kg
Poids avec batterie AK 20 3,5 kg
Niveau de pression sonore 79 dB(A)
Autonomie AK 10 / AK 20 / AK 30 10 / 22 / 27 min

Deux remarques sur ce tableau. Le poids en ordre de marche, 3,5 kg, se tient à bout de bras : c’est lui qui compte, pas les 2,3 kg de la fiche marketing. Et les 79 dB(A) situent l’appareil très en dessous d’un souffleur thermique, qui dépasse couramment les 100 dB(A) et impose une protection auditive.

Le rapport souffle sur charge décide de tout

Les autonomies annoncées correspondent à un fonctionnement continu à pleine puissance, situation qui n’arrive jamais chez un particulier : on souffle par salves, on s’arrête pour ratisser un tas, on repart. Une AK 20 couvre donc une séance de trois quarts d’heure montre en main sur une terrasse et deux allées, pour ses 22 minutes de souffle effectif.

Le problème est ailleurs, dans le temps de recharge officiel du chargeur AL 101. Mis en regard de l’autonomie, il donne un rapport que personne n’affiche.

Batterie Souffle Charge complète sur AL 101 Rapport
AK 10 10 min 95 min 1 pour 9,5
AK 20 22 min 180 min 1 pour 8
AK 30 27 min 205 min 1 pour 7,6

Sur le chargeur livré dans les packs, chaque minute de souffle se paie près de huit minutes de charge, et monter en capacité de batterie ne corrige presque rien.

Deux parades, et une seule est intéressante financièrement. La seconde batterie AK 20 coûte 99 € au tarif public et double le souffle disponible sur place, à 44 minutes cumulées. Le chargeur rapide AL 300 ramène la charge à 80 % de 135 à 35 minutes, mais coûte sensiblement plus cher qu’une batterie et ne sert à rien pendant qu’on souffle.

Le calcul complet mérite d’être fait avant de comparer les deux générations. Un pack BGA 57 trouvé à 210 €, plus une seconde AK 20 à 99 €, donne 44 minutes de souffle effectif pour 309 €, chargeur compris. Un BGA 60 nu à 199 € réclame encore une batterie à 99 € et un chargeur, et n’annonce que 16 minutes d’autonomie avec l’AK 30 S que Stihl lui recommande : la puissance supplémentaire se paie en minutes. La génération sortante garde donc un vrai avantage, à condition d’accepter sa force de soufflage inférieure.

Ce que disent les utilisateurs

Sur les sites marchands, l’appareil est bien noté : autour de 4,6 sur 5 chez les grands distributeurs en ligne, 8,7 sur 10 sur une plateforme spécialisée en outillage qui totalise un peu plus de soixante-dix évaluations, avec environ 69 % d’acheteurs qui le recommandent.

Trois éloges reviennent avec une régularité qui ne trompe pas. La légèreté d’abord, et plus encore l’équilibre : le poids tombe dans la main plutôt que devant le poignet, ce qui change tout au bout d’un quart d’heure. Le silence ensuite, souvent évoqué par des acheteurs en lotissement ou en copropriété, qui soufflent sans casque et sans faire ouvrir les volets du voisin. La finition enfin, avec le tube réglable en trois positions sans outil et la poignée SoftGrip, deux détails que les possesseurs d’un premier souffleur à petit prix citent comme la vraie différence.

Les reproches sont tout aussi constants, et aucun ne porte sur la fiabilité. Le temps de recharge vient en tête, décrit comme le point qui oblige à organiser sa séance de ramassage à l’avance. L’autonomie suit, avec le même constat répété : le pack à une seule batterie est un minimum, pas un équipement complet. Vient ensuite le prix, jugé élevé au regard de ce que fait l’appareil, surtout par des acheteurs venus d’un électrique filaire. Et pour finir, un manque de puissance sur trois cas précis : les feuilles détrempées et tassées, le gravier où le flux chasse les cailloux avant les feuilles, et le gazon humide où les feuilles restent accrochées. L’absence de fonction aspiration et broyage est également citée, alors même que le BGA 57 n’a jamais été un aspiro-souffleur.

Autrement dit, les acheteurs déçus sont surtout ceux qui attendaient un outil de grande surface. Ceux qui l’ont acheté pour une terrasse et des allées ne lui trouvent presque rien à redire.

Les horaires, ce qu’on oublie de vérifier avant d’acheter

Un souffleur ne s’utilise pas quand on veut. L’article R1336-5 du code de la santé publique interdit tout bruit qui porte atteinte à la tranquillité du voisinage par sa durée, sa répétition ou son intensité, et les arrêtés municipaux ou préfectoraux fixent des créneaux précis pour les engins de jardin.

Les horaires les plus répandus tournent autour de 8 h 30 à 12 h et 14 h à 19 h 30 en semaine, 9 h à 12 h et 15 h à 19 h le samedi, et 10 h à 12 h seulement le dimanche et les jours fériés. L’arrêté applicable se consulte en mairie ou sur le site de la commune, et il prime sur toute généralité.

Depuis le 1er octobre 2023, l’infraction relève d’une contravention de quatrième classe : 135 €, portés à 375 € en cas de majoration. Les 79 dB(A) du BGA 57 aident à se faire oublier, ils n’exonèrent de rien.

À qui il convient, et à qui il ne convient pas

Le BGA 57 est un outil de surfaces dures : terrasse, allée bétonnée, cour, seuil de garage, quelques dizaines de mètres carrés de pavés. Sur ce terrain, dans un jardin de 200 à 500 m², il fait exactement le travail, sans casque et sans rallonge. Il devient franchement recommandable si une batterie AK dort déjà dans votre atelier, puisque l’appareil nu suffit alors.

Il ne convient pas pour ratisser un hectare de pelouse, pour rassembler des feuilles mouillées en couche épaisse, ni pour remplacer un râteau sur du gravier. Et rappelons qu’un souffleur ne fait que déplacer la matière : ce qu’elle devient ensuite compte davantage, comme le montrent les cinq usages des feuilles mortes qui valent mieux que la déchetterie, et le ramassage lui-même conditionne la réussite du regarnissage de gazon à l’automne.

Dernier point, souvent négligé sur un outil à batterie : le remisage. Une AK 20 laissée pleine tout l’hiver dans un abri en tôle perd de la capacité sans donner aucun signal, et les règles de stockage figurent dans notre checklist pour hiverner son matériel de jardin sans l’abîmer.

Les questions qu’on nous pose le plus

Quelle est l’autonomie réelle du BGA 57 ? Dix minutes avec une AK 10, 22 avec une AK 20, 27 avec une AK 30, en usage continu à pleine puissance. En soufflant par salves, une AK 20 tient une séance de trois quarts d’heure. Le vrai point faible est la recharge : 135 minutes pour 80 % et 180 minutes pour une charge pleine sur le chargeur AL 101 fourni. Une seconde batterie à 99 € règle la question mieux qu’un chargeur rapide.

Le BGA 57 est-il assez puissant pour des feuilles mouillées ? Sur béton, carrelage ou enrobé, oui, en y revenant deux fois. Il cale sur une couche de feuilles détrempées et tassées, sur le gravier, où il déplace les cailloux avant les feuilles, et sur une pelouse humide. La buse plate optionnelle concentre le flux et améliore nettement ces trois cas.

BGA 57 ou BGA 60 ? Le BGA 60 annonce 15 N et 69 m/s contre environ 9 N et 55 m/s, à poids nu identique, pour 199 € sans batterie ni chargeur. Si vous partez de zéro, il est le choix rationnel une fois l’équipement complet chiffré. Si une batterie AK dort déjà dans l’atelier, le BGA 57 nu à environ 130 € reste l’entrée la moins chère dans le souffleur à batterie.

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